samedi 29 décembre 2007

Ma vie d'élu municipal (3)

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Façade de l'Hôtel de Ville d'Aix

Avec ce nouveau volet, je poursuis le compte-rendu de mon mandat d'élu municipal. C'est l'occasion pour moi de retracer un peu d'histoire, de faire connaître les fonctionnements d'une mairie, de livrer des informations sur le temps passé pour l'exercice du mandat et d'en dire plus sur ce que le public ignore souvent.

Mon implication dans la vie publique et politique ne date pas d'hier. J'ai donc la chance d'avoir été confronté aux réalités. Puissent le lecteur et l'électeur se faire une idée plus précise de la vie d'un élu et mieux comprendre le sens d'un engagement au service du bien commun.

Et tout ça, pour 10€ par jour !

Et vous, que feriez-vous si l'on vous gratifiait de 310€ par mois ? Non, non, je ne plaisante pas. Au cas où vous ne le sauriez pas, c'est bel et bien le mirifique montant de l'indemnité que je reçois depuis 2001 pour l'exercice de ma fonction d'élu. Pourtant, ce n'est pas le boulot qui a manqué. Je vais donc continuer à vous égréner tout ce que j'ai fait pour mériter amplement cet inestimable gros lot.

Si les murs de la vénérable salle des Etats de Provence pouvaient parler, hors les maints échos et éclats des séances du conseil municipal qui vous parviennent ici et là, ils vous dévoileraient sans doute bien des choses. Et notamment le nombre de réunions internes que le public ne voit pas et auxquelles j'ai personnellement participé.

Là, au premier étage de l'Hôtel de Ville, un mercredi sur deux, l'après-midi en général et toute la journée par exception, siègent la Commission d'appel d'offres (CAO) et la Commission de délégation de service public (CDSP). Il faut avaler des dizaines de dossiers techniques qui, une fois validés, sont présentés à la plus proche séance du conseil municipal. Se prennent là de délicates décisions qui nécessitent une surveillance à 360°. Car il faut non seulement être au courant de tout et ne pas avoir oublié son cerveau à la maison mais aussi ouvrir l'oreille et avoir l'œil sur tout. En six ans, soit environ 300 réunions, j'ai pris part à ce travail au nom de l'opposition de gauche en alternance avec mon collègue Jacques Lengrand.

Pour ce qui est de la Commission d'urbanisme (CU), pourtant elle aussi mise en place par la loi, elle n'a pas été réunie régulièrement, c'est le moins que l'on puisse dire : moins de dix fois en six ans ! Quant au Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), il n'a été convoqué qu'une seule fois, lors de sa création. Puis, plus rien ! Cela en dit long sur la transparence des choix de Maryse Joissains et de ses adjoints !

Pour le Comité de suivi du plan de formation des personnels municipaux, c'est à ma demande et par des rappels successifs en conseil municipal que le maire a été contrainte de le réunir. En tout et pour tout, il y a eu quatre séances entre 2005 et maintenant !

Quasiment une double vie !

Evidemment, il n'y a pas que cela. Mais j'épargnerai à mes stoïques lecteurs une fastidieuse liste de réunions aussi diverses qu'épisodiques sur des sujets spécifiques. Ce que je peux dire c'est que mon agenda a toujours été bien rempli. J'ai souvent été présent aux réunions publiques officielles, aux manifestations institutionnelles et aux débats thématiques (projets de la gare routière, de l'urbanisme, etc.). Je ne suis pas certain (humour) d'y avoir toujours vu tous mes collègues, de la majorité ou de l'opposition !

En tant qu'élu, j'ai reçu de très nombreuses invitations à des assemblées générales d'associations ou à des moments festifs. N'étant pourvu d'aucun don d'ubiquité, j'ai été amené à privilégier les réunions d'information, telles celles des Comités d'intérêts des quartiers (CIQ) et les rencontres avec la population. J'ai effectué plusieurs dizaines de visites de terrain, le plus souvent à la demande de riverains. Je n'ai pas comptabilisé les coups de téléphone ou les rendez-vous individuels et de groupes à ma permanence mais c'est loin d'être négligeable.

Et puis, les Aixois ont pu, au long de ces six ans, lire la double page de l'opposition dans le magazine "Aix en dialogue" (drôle de titre pour une mairie qui a si peu dialogué). A une dizaine d'exceptions près – à savoir, les contributions de certains de mes collègues – j'ai rédigé la quasi totalité des articles des 34 numéros parus.

On le voit, être élu, c'est distraire beaucoup de temps, c'est être mobilisé sept jours sur sept. En somme, c'est comme avoir une double vie, quoi !

C'est pourquoi, ayant également à assumer une activité professionnelle à plein temps pour une pitance quotidienne transpirée, je me suis souvent tenu fort éloigné des buffets que semblent convoiter, prioritairement, et pour certains goulûment, tant d'édiles…

                                                                                                                                      (A suivre…)

Lire les volets 1 et 2, rubrique "MA VIE D'ELU MUNICIPAL" en haut à droite de l'écran

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [4] - Permalien [#]