lundi 5 novembre 2007

Joissains, la politique du baratin

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Quand j'étais petit, j'aimais aller au marché. J'étais époustouflé par le talent de certains vendeurs qu'on repérait de loin grâce à leurs boniments lancés au ciel pour attirer les clients censés faire de bonnes affaires. L'offre était bien sûr forcément "exceptionnelle", "unique", "profitez, il n'y en aura pas pour tout le monde", mais se répétait mécaniquement... toutes les quinze minutes.

Dans le lot, il y avait toujours un roi du baratin capable de vous vendre tout ce dont vous n'aviez pas besoin.  Je me souviens surtout d'un fameux camelot – un vrai numéro de cabaret en plein jour – qui arrivait à fourguer, par camionnette entière, dix paires de draps ou cent mouchoirs au prix d'un – "touchez-moi ça si c'est pas de la qualité !" – et, sourire espiègle doublé de clins d'œil rigolards, parvenait à ruiner le porte-monnaie de l'acheteur qui n'y voyait goutte.

Voilà à quoi me fait penser la politique de Maryse Joissains. Car, depuis 2001, à sa manière, elle n'a cessé de jouer à la reine du baratin. Six ans durant, elle a multiplié les belles annonces sur le logement, le social ou le cadre de vie.

Bilan : quand on se promène dans certains quartiers, on découvre vite que ses fausses promesses ont viré au vrai marché de dupes.

Consolation : si beaucoup d'Aixois sont dans de beaux draps, il leur reste, soyons bon public, plein de mouchoirs pour sécher leurs larmes.

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Trois visites à des vies mises en quartiers

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Non, il ne s'agit ni d'une usine, ni d'une prison, ni d'une déchetterie.

C'est une entrée d'immeuble au Fructidor, avec l'épave de l'ancien ascenseur

abandonnée sur ce qui aurait dû être l'espace vert…

Chaque visite dans les quartiers d'Aix est un irremplaçable moment de pure vérité. D'abord, parce que l'accueil que nous réserve la population est toujours courtois et sympathique. Ensuite, et c'est là l'objectif principal de notre attention, parce qu'on sait qu'on va toucher du doigt certaines réalités qui n'ont rien à voir avec les clichés de nos dépliants touristiques.

Ainsi, vendredi et samedi, nous avons entrepris de nous rendre dans trois secteurs. Bien nous en a pris. Les découvertes et les surprises, si j'ose écrire, étaient bien au rendez-vous.

Car, au bout du compte, le constat sur place est accablant : la mairie ne se préoccupe en aucune manière de ces quartiers, ni du cadre de vie, ni du désespoir de ces habitants dont la patience et la dignité méritent pourtant le respect. Quant à l'OPAC, il est clair qu'il ne remplit plus son rôle depuis longtemps. Triste bilan pour une municipalité qui s'était auto proclamée "championne de la proximité". A l'avenir, coupables aussi seraient ceux qui s'aviseraient de détourner le regard.

Jas de Bouffan : Des HLM à l'abandon

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Au centre, Lucien-Alexandre Castronovo et Michel Pezet,

à la rencontre des habitants du Jas

Nous avons pu rencontrer de nombreux habitants. Des locataires nous ont fait visiter les entrées et les halls des immeubles du Fructidor et du Thermidor. Le manque d'entretien extérieur et intérieur est scandaleux. Les espaces verts n'ont de vert que le nom.

Une fois la porte franchie, on découvre une bouche d'aération cassée couverte de suie, un interrupteur dangereusement déboîté, des fils électriques à nu à portée d'une main d'enfant, un ménage pas fait.

"Face à ce spectacle, j'ai honte de recevoir des gens chez moi", nous avoue une dame. "Les charges ont augmenté mais on se demande pourquoi l'OPAC ne fait rien", nous déclare une autre. "J'ai écrit plusieurs fois au directeur mais il n'a jamais répondu. J'ai téléphoné aux services mais on ne nous écoute pas", lance un jeune père de famille.

Difficile d'ignorer que l'ascenseur a été changé, vu que l'épave de l'ancien gît au bas de l'immeuble. Un mois après, elle est toujours là et offre la même image désolante.

Plus loin, un groupe de jeunes se plaint de ne pas disposer d'un endroit pour pratiquer des activités sportives. Ils nous montrent un espace libre près de la salle du Bois de l'Aune qui pourrait être aménagée en terrain "city stade". Des mères de famille nous suggèrent également la création de petits jardins d'enfants au pied des immeubles. Juste de simples rêves à yeux ouverts.

Encagnane : Des habitants dépités

Bien informés de notre visite, des groupes de jeunes et des responsables associatifs nous attendent devant le Calendal. La plupart d'entre eux nous disent se sentir abandonnés par la mairie.

Sur la "place" au pied des immeubles, les blocs de béton – des jardinières, paraît-il – ne contiennent que de la terre sèche. C'est entre ces obstacles que certains petits viennent taper le ballon. "Où vous voulez qu'on aille ? On a pas d'endroit", répètent-ils à tour de rôle. Pourtant, contre le mur antibruit de l'autoroute, se trouve un vaste espace qui pourrait être aménagé de manière utile.

Quant à l'entretien du quartier, il laisse évidemment plutôt à désirer. Les conteneurs sont mal disposés et en nombre insuffisant. Résultat : les paquets sont déposés à même le trottoir.

Vers 18 heures, une ultime surprise nous saute aux yeux. L'éclairage public est à bout de souffle : la lumière est faible et certains lampadaires ne sont jamais réparés. Comment ne pas comprendre que les esprits puissent aussi s'assombrir ?

Val Saint-André : Des emplois trop précaires

Nous avons passé deux heures au centre social de la Grande Bastide, où nous avons été aimablement reçus par le directeur. Il nous a présenté un état des lieux exhaustif : locaux, personnels, activités. Ce centre s'adresse en moyenne à un millier de personnes.

Selon la direction, le plus gros problème est celui de la précarité des postes. Le centre est obligé de jongler en permanence avec l'insuffisance du nombre d'animateurs. Il demande un renforcement des moyens pour pouvoir assurer une stabilité des activités sur un plus long terme. Juste un peu d'air frais.

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