mardi 30 octobre 2007

Joissains, entre astre et désastre

joissains

Et maintenant, elle exporte ses "marysades" à Marseille

C'est bien connu, Maryse Joissains ne fait pas toujours les choses comme tout le monde. J'ai raconté ici même son plantage dans l'opération "Marseille Provence, capitale européenne de la culture" (lire mon article du vendredi 26 octobre, ci-dessous).

Des témoins présents vendredi dernier à la réunion d'annonce officielle de la candidature marseillaise m'ont rapporté qu'elle n'a pas fait mieux sur la scène de l'Opéra. Sa prise de parole décousue devant un parterre d'élus, d'acteurs du monde culturel, de chefs d'entreprise et de la presse a été peu appréciée.

Le public l'a d'abord chahutée et, tapant dans les mains, lui a en quelque sorte signifié d'abréger. Se méprenant sur le sens de ces fausses acclamations, Maryse Joissains s'est crue... encouragée à poursuivre. C'est alors que le même public a commencé à produire quelques sifflets à son endroit, au point que le maître de cérémonie lui a fait comprendre qu'il fallait qu'elle mette un terme à son intervention. Elle a persisté, lançant "on ne m'empêchera pas de dire ce que j'ai envie de dire !"

Au micro, Jean-Noël Guérini, lui, a fait court. Mais il n'a pas manqué l'occasion de se payer la tête du maire d'Aix : "C'est ça, l'efficacité politique, madame Joissains !" Bref, les Aixois ne peuvent plus ignorer à quel point Maryse Joissains les représente dignement, même hors la ville.

Miroir, miroir, dis-moi que je suis la meilleure

Dans sa très longue interview publiée samedi dans "La Provence", Maryse Joissains, connue pour se vanter d'être modeste, s'est lâchée comme jamais.

A la question : "Députée, maire, présidente de la CPA… ça ne fait pas un peu trop pour une seule femme sur une longue période ?", elle n'a rien trouvé de mieux à répondre que ceci : "Non et je crois l'avoir démontré. J'ai été bien présente sur mes trois mandats depuis que je les ai et je me sens encore de les assumer quelques années, d'autant que je peux encore rationaliser mon organisation de travail et renforcer l'équipe autour de moi pour ne rien négliger."

Evidemment, parler de soi en ces termes ne peut relever que de la coquetterie, de rien d'autre… Mais la suite de sa réponse est venue invalider mon opinion bienveillante. Commentant l'idée qu'elle se fait d'elle-même, elle y est allée d'un couplet qui, depuis, a dû lui faire changer de pointure de chaussures, côté des chevilles.

"D'abord, parce que j'estime être plus intelligente, plus compétente, plus expérimentée et plus travailleuse que mes adversaires. Ensuite, parce que je considère mes mandats comme un sacerdoce. Pour les assumer, j'ai renoncé à tout le reste. Je ne m'accorde qu'un bref repos en été. Le reste, c'est tout pour la ville, le pays d'Aix et l'Assemblée, jour et nuit."

Nous, qui la voyons à l'œuvre depuis six ans, savons qu'elle n'arrive pas à mener toutes ses responsabilités de front.

Comme je l'ai raconté à plusieurs reprises ici même, et je suis loin d'être le seul à l'avoir observé, j'ai constaté qu'elle ignore très souvent la teneur de nombreux dossiers. Alors, elle s'embarque dans des discussions erronées.

Lorsqu'on le lui fait remarquer elle est obligée de faire appel aux fonctionnaires placés derrière elle pour obtenir les renseignements qu'elle aurait dû connaître. Certes, elle rectifie ses propos antérieurs mais se trouve toujours une excuse : "Je n'avais pas compris…", "on m'avait mal expliqué…", "j'ai confondu…", je peux pas tout savoir…"

Je reconnais bien volontiers que je ne fais personnellement rien pour l'aider, notamment en relevant systématiquement ses déclarations imprécises, ses contradictions flagrantes ou ses mensonges. Je suis même forcé parfois de lui rappeler quand un dossier nécessite un vote ou non, sans parler des obligations de base à respecter dans le déroulement de l'ordre du jour.

Conclusion : on dit que certaines personnes se trouvent si belles que le miroir se casse. Plus de doute, Maryse Joissains possède elle aussi un miroir mais ce n'est pas pour… réfléchir.

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Constitution et réformes : Sarkozy force sur la Vème

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Edouard Balladur l’a lui même expliqué : plutôt que de "présidentialiser" le régime, il a voulu "responsabiliser" le président de la République. De fait, les réformes proposées par le comité Balladur vont vers un accroissement des pouvoirs du président de la République, mais aussi vers plus de contrôle du Parlement. Revue de détail.

* Les réformes qui pourraient avoir lieu.

   -- "Le Président définit la politique de la nation".

Cette petite phrase que le comité se propose de rajouter à l’article 5 de la Constitution change tout. Le Président deviendrait le seul maître à bord. L’article 20, qui stipule que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation" serait remplacé par "le gouvernement conduit la politique de la nation." Déterminant.

   -- La fin des 500 signatures.

Les futurs candidats à l’élection présidentielle n’auraient plus besoin de chasser la signature des élus, ce qui avait donné lieu à quelques aberrations lors du dernier scrutin. Les candidats pourraient être présélectionnés par un collège de 100.000 élus. Surprenant.

   -- Des élections en même temps.

Le premier tour des élections législatives pourrait avoir lieu le même jour que le second tour de l’élection présidentielle. De quoi soulever l’inquiétude, on pourrait voter aux législatives sans savoir qui est président de la République.

   -- Un Président à la chambre.

Le président de la République pourrait avoir le droit de prendre la parole devant l’Assemblée et le Sénat. C’était un souhait de Nicolas Sarkozy. C’est impossible en France depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851.

   -- Plus de référendums.

Le référendum d’initiative populaire (demandé par un cinquième des députés ou un dixième des électeurs) pourrait être possible. C’était une promesse de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle.

   -- Des nominations sous contrôle.

Les parlementaires pourraient notamment donner leur avis sur certaines nominations présidentielles.

   -- Fin du cumul des mandats.

Un ministre ne pourrait plus avoir un mandat électif. Idem pour les parlementaires, qui ne pourront plus détenir un mandat local. Cette proposition fait grincer des dents : difficile pour les parlementaires de garder une implantation.

   -- Une dose de proportionnelle.

Le comité Balladur souhaite profiter de la réforme pour introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée (20 ou 30 sièges). Une avancée qui ne relève pourtant pas de la constitution.

* Les réformes qui n’auront pas lieu.

   -- Limiter le nombre de mandats.

Certains membres du comité Balladur voulaient limiter à deux mandats présidentiels consécutifs. Ce ne sera pas le cas.

   -- L’article 16 existera toujours.

Il prévoit de donner les pouvoirs exceptionnels au Président dans des cas extrêmes. Pour Jack Lang, membre du comité, "cet article, au mieux, est inutile, au pire, dangereux."

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