Ni brève, ni grève, ni trêve pour le 1er mai, mais...
Ni brève, ni grève, ni trêve en ce 1er mai, en espérant que ce ne soit pas le dernier où l'on fête le travail ! En ce jour de conquête sociale, prenons le temps de voir et de lire les trois documents ci-dessous. Tout y est : le rire jaune, la pertinence et la précision historique. Rien de plus clair pour aller expliquer autour de soi ce qui est si facile à exprimer pour éviter Sarkozy.
Sarkozy : le mendiant du deuxième tour
Vidéo : un pastiche musical corrosif
avec la complicité d'Enrico Macias
par la voix de Laurent Gerra.
http://5.upload.dailymotion.com/video/x1uwj3_sarko-le-mendiant-du-2eme-tour
A quoi ressemblerait la France de Sarkozy ?
"Réfutations"
un film de Thomas Lacoste
Services publics, impôts, santé, libertés, politique internationale… un programme de régression sociale et de crispation autoritaire. Seize militants et chercheurs analysent les politiques passées et le programme annoncé du candidat de l’UMP à la présidentielle. A ne pas rater ! (Clic sur le lien)
http://www.mouvements.asso.fr/spip.php?article78
Avec, par ordre d’apparition :
Eric Fassin, sociologue et américaniste à l’Ecole normale supérieure (ENS)
Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Michel Husson, administrateur de l’INSEE, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, membre de la Fondation Copernic
Anne Debrégeas, ingénieur au centre de recherche d’EDF, fédération SUD-Energie
Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain
Bruno Julliard, président de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF)
Alain Trautmann, codirecteur du département de biologie cellulaire de l’Institut Cochin (Paris) et animateur du mouvement "Sauvons la recherche"
Jeanne Balibar, comédienne et chanteuse
Louis-Georges Tin, maître de conférences à l’IUFM d’Orléans, porte-parole du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) et fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Richard Moyon, porte-parole de Réseau Education Sans Frontière (RESF) et enseignant de lettres et d’histoire
Emmanuel Terray, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et membre du Cercle Migrations et libertés (CMIL)
Nacira Guénif-Souilamas, maître de conférences à l’université Paris-XIII et chercheuse au laboratoire Expérience et au CADIS (EHESS-CNRS)
Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature et juge pour enfants au tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis
Thomas Heams, administrateur de la C6R-Paris et biologiste maître de conférences en génomique fonctionnelle animale à l’Institut national agronomique Paris-Grignon
Susan George, présidente du conseil du Transnational Institute, ancienne vice-présidente d’ATTAC
Monique Chemillier-Gendreau, juriste internationale, professeure émérite de droit public et de sciences politiques à l’université Denis-Diderot-Paris-VII, présidente d’honneur de l’Association européenne des juristes pour la démocratie et les droits de l’homme dans le monde
Avec le soutien de :
Alterdoc, Bastamag.org, Charlie Hebdo, Confluences, Editions La découverte, Les Inrocks, L’humanité, Le Passant Ordinaire, Marianne, Politis, Mouvements, Regards, Témoignage chrétien, Vacarme Pour soutenir cette initiative, achetez le DVD en ligne sur www.lautrecampagne.org ou par correspondance en libellant un chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries - 75010 Paris
Mai 68 obsède encore Sarkozy : pourquoi ?
(Clic sur l'image pour agrandir)
40 ans après, mai 68 obsède encore Sarkozy : pourquoi ?
par Gérard Filoche (30 avril 2007), communiqué n°44 de la campagne
"Démocratie et Socialisme pour faire gagner la gauche
Comme Le Pen, Sarkozy – le sortant – s’adresse à "à tous ces sans-grade", "tous ces anonymes", "tous ces gens ordinaires (...) auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre".
Sarkozy, l’homme de l’establishment qui gouverne depuis 5 ans (et qui gouvernait déjà avec Balladur), l’homme des petits clans et des petits putschs, des couloirs des banques et des marchands d’armes, des villas et des palais, l’homme des financiers et des fortunes dorées, ose affirmer, a contrario de ce qu’il est : "C’est à vous que je veux rendre le pouvoir (...). Je veux être le candidat du peuple de France et non pas le candidat des médias, des appareils, de tel ou tel intérêt particulier, des intérêts partisans, des sectarismes."
Lui qui tente de voler son élection grâce aux plus puissants bourrages de crâne médiatique, d’imposer des discours provocateurs, bourrés de mensonges, sans crainte des réactions de la grande presse qu’il contrôle ! Sarkozy le candidat des milliardaires du Cac 40, l’ami des Bouygues, Dassault, Lagardère, Rotschild, le petit frère de Guillaume Sarkozy du Medef, celui qui négocie Avantis-Sanofi pour son autre frère François Sarkozy, le maire des salons de Neuilly accuse pêle-mêle la gauche d'avoir prôné "l’assistanat, l’égalitarisme, le nivellement, les 35h". Il fait froid dans le dos.
Car Sarkozy propose de baisser le salaire brut sur lesdites heures supplémentaires qui seraient moins majorées, et moins contrôlées, donc moins payées (c’est déjà, hélas, le champ le plus étendu des délinquances patronales contre les salaires, 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail concernent des heures supplémentaires impayées). Il y a déjà des millions de salariés qui travaillent 45, 50 voire 60h et qui ne gagnent pas beaucoup !
Mais si un salarié avait un doute, il devrait s’attacher à comprendre pourquoi Sarkozy s’en prend aux 8 à 9 millions de salariés qui ont fait grève en mai 68.
Sarkozy augmente les décibels au fur et à mesure que le deuxième tour approche, comme s‘il voulait mettre la barre de plus en plus haut contre les "fraudeurs du métro" et "les fautes des syndicalistes" qu’il place dans le même sac... Il accuse mai 68 d’avoir "imposé le relativisme intellectuel et moral", "liquidé l’école de Jules Ferry", "introduit le cynisme dans la société et dans la politique", "abaissé le niveau moral de la politique" (sic). "La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler."
Selon lui, pour "les héritiers de 1968", "il n’y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l’élève valait le maître". "Les héritiers de ceux qui, en mai 68, criaient "CRS = SS" prennent systématiquement le parti des voyous, des casseurs et des fraudeurs contre la police". "Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68." "Je veux tourner la page de mai 68 une bonne fois pour toute", se lâche enfin Sarkozy.
Pourquoi une telle haine de la part de cet apprenti caudillo qui devait avoir 13 ans en mai 68 ? Cette tirade hargneuse, hors norme, acharnée, contre un des plus grands mouvements de l’histoire sociale de notre pays, est plus que tout le reste le signal de la grande revanche de l’extrême droite dirigeante de l’Ump !
C’est contre les 8 à 9 millions de grévistes de mai-juin 68 qu’il en a, lui qui ose se faire photographier devant des ouvriers portant le casque de sécurité, pour mieux les berner. S’il va voir "la France qui se lève tôt", c’est pour qu’elle se lève encore plus tôt, se couche plus tard et gagne moins, pour que les profits de ses amis de Neuilly augmentent : tout cela dans une mise en scène que toutes les rédactions en chef de la presse aux ordres orchestrent !
Nul doute que Sarkozy pense la même chose de toutes les luttes sociales, du Conseil national de la Résistance, de mai-juin 36, de la Commune de Paris, des combats pour les journées de 10h puis de 8h, pour les 40h, pour "l’assistanat" de la Sécurité sociale et des retraites par répartition... N’est-ce pas lui qui a assez d’inculture pour mettre dans son clip télévisé : "Le travail, c’est la liberté" (ARBEIT MACHT FREI) ?
En fait, ce que signifie, avec arrogance, l’homme au kärcher, Sarkozy, c’est qu’il veut écraser tout mouvement social de type CIP mars 94, nov-déc 95, retraites printemps 2003, CPE janv-avril 2006, c’est qu’il fera la guerre aux syndicats puisque sa première loi sera contre le droit de grève !
Sarkozy a amalgamé à Bercy, dimanche 29 avril, "la France qui paye toujours pour tous les autres, (...) qui paye pour les fautes des politiques, des technocrates, des syndicalistes, qui paye pour les fraudeurs, qui paye pour les voyous, qui paye pour ceux qui profitent du système, qui paye pour ceux qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner". Le lien est clair, dans sa rhétorique et ses objectifs, entre syndicalistes, fraudeurs, voyous... Tout ça, c’est des "racailles". Comme il a fait la chasse aux "racailles", et il le redit ce lundi 30 avril, "aux poignées de voyous qui se croient au-dessus des lois et de la morale", il veut remonter jusqu’à atteindre dans la mémoire ce qu’il doit appeler des "casseurs" de 68...
C’est la même chose pour lui, c’est le peuple dont il feint de se réclamer, les sans grades auxquels il prétend parler et que pourtant il hait du haut de ses talonnettes d’apprenti caudillo. C’est la haine ancestrale des riches contre les "partageux", les "rouges", les "syndicalistes", qu’il a exprimé à Bercy dans son dernier meeting show à l’américaine.
Sarkozy annonce qu’il entend écraser tout mouvement social ! Au kärcher contre les luttes sociales, contre la pègre syndicale !
Que les électeurs protégent dimanche 6 mai la France de la victoire de ce caudillo. Ce serait le pire qui puisse arriver ! Que pas une voix ne manque à Ségolène Royal...



