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Les machines à voter ont provoqué dimanche grogne et retards - souvent une heure ou plus d'attente - dans plusieurs villes, certains élus ou électeurs criant à la "catastrophe" et réclamant l'abandon du système.

La municipalité de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs décidé de suspendre le vote électronique pour le second tour de l'élection présidentielle et les législatives, en juin, en raison des files d'attente devant les bureaux de vote.

Les bureaux équipés de machines à voter le plus concernés ont été ceux qui ont reçu l'autorisation par le Conseil constitutionnel de rester ouverts au-delà des horaires initiaux, pour permettre le vote des électeurs faisant la queue devant les bureaux.

A Issy-les-Moulineaux et Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, des attentes d'une heure étaient signalées, et des électeurs mettaient en doute la sécurité du système. "Ca fait deux fois que je viens, ça fait deux fois que je repars sans voter. C'est trop long", pestait un jeune retraité, ajoutant n'avoir "aucune confiance" dans ces machines "incontrôlables". "Beaucoup de personnes âgées ne comprennent pas comment ça marche. C'est pas compliqué, mais ça déroute. Alors on annule, on recommence, les autres attendent", expliquait un autre électeur de la même ville. A la mairie, on expliquait les files d'attente par "une participation énorme".

A Reims, des retards étaient signalés à l'ouverture de certains bureaux, en raison d'un problème de branchement des installations. Ailleurs dans la ville, c'est l'utilisation de la machine qui a provoqué des retards. "Un vrai bazar, on n'y comprend rien", lâchait une retraitée. "Vous mettez votre carte et c'est marqué "continuez". Mais il n'y a rien qui s'allume. J'y suis arrivée quand même. Mais j'aime autant comme c'était avant", a-t-elle confié.

De Villiers a lui aussi tempêté contre les machines à voter. "Machine de hasard, machine à tricher", a-t-il dit en votant en Vendée. Et un conseiller régional MRC d'Ile-de-France a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur des "dysfonctionnements" du scrutin liés aux machines à voter de Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne.

Des chercheurs de Metz affirment, étude à l'appui, que ces machines posent "d'énormes problèmes", notamment aux seniors et aux handicapés. Un électeur d'Issy-les-Moulineaux a raconté avoir vu des gens sortir de la file d'attente pour venir en aide à des personnes âgées qui ne comprenaient pas la marche à suivre, allant jusqu'à voter à leur place. L'urne électronique comporte plusieurs boutons permettant de voter pour le candidat de son choix et un bouton "vote blanc".

Le ministère de l'Intérieur souligne que les machines, toutes fabriquées à l'étranger, sont parfaitement fiables et qu'elles n'ont jamais connu de problème depuis leur lancement en 2003.