dimanche 8 avril 2007

Une image qui crève la vue

Deux yeux valent mieux qu'un. Le cordon sanitaire s'impose dès le premier tour. Sinon, il risque de se passer de drôles de choses dans notre pays…

seduction

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Sarko, le penophile en flagrant délire

liberation

Le néron UMP, vrai chancre de la provocation et du remous mental, n'a plus aucun tabou. Il insulte, méprise, stigmatise, dresse les uns contre les autres. Plus rien ne l'arrête. N'a-t-il pas proposé un dépistage sur les jeunes enfants pour détecter les tares ? Il ne cesse de dégainer sa haine ordinaire et sa science foireuse jusqu'à la nausée. Son crâne bas de plafond barbote dans la vase. Dans Libération du 7 avril, Antoine Guiral dresse le portrait du détraqué au petit pied. A lire DE TOUTE URGENCE… pour éviter qu'il ne passe aux actes. Sinon, il ne faudra pas dire : "Nous ne le savions pas."

Un monde divisé entre le bien et le mal, comme le voient souvent les néo-conservateurs. De l'émotion à toutes les sauces, comme dans une émission de télé-réalité ("A l'enterrement d'un gendarme, son petit garçon de 5 ans m'a tiré par la manche et m'a dit : "Sors-le de la boîte." On ne sort pas indemne d'une telle scène", dit par exemple Nicolas Sarkozy dans Paris Match de cette semaine).

Des boucs émissaires à profusion : les "voyous", les Rmistes, les assistés... Un besoin constant de stigmatiser les plus faibles dans la société ou ceux qui "égorgent des moutons dans la baignoire". Des œillades permanentes à l'extrême droite comme lorsqu'il cite Rivarol dans ses discours... Ainsi va Nicolas Sarkozy en cette campagne au nom de la "lutte contre la pensée unique". Celle, qui "prétend penser à la place des Français, prétend décider pour tous les autres, prétend tout savoir mais ne cesse de se tromper sans pouvoir se remettre en cause", a-t-il dit à Lille en meeting le 28 mars.

Dans Libération, Daniel Schneidermann revenait sur les propos tenus par Sarkozy lors d'un entretien avec le philosophe Michel Onfray pour Philosophie magazine d'avril : "J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile." Toujours à propos de génétique, l'ex-ministre ajoute : "Il y a 1.200 ou 1.300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Ces propos ont fait bondir François Bayrou qui les a trouvés "terriblement inquiétants" et "glaçants". Ségolène Royal, elle, s'est contentée d'un simple : "Je laisse les scientifiques répondre".

Pour Sarkozy, seuls les "tenants de la pensée unique" peuvent voir dans ces affirmations des "dérapages". Pour lui, ce ne sont que "des convictions", des "vérités étouffées". Et c'est précisément, selon lui, "parce que l'on ne parle pas de ces sujets" que la "crise morale française" a prospéré. Nicolas Sarkozy fait le pari que si il investit ce terrain en lieu et place de Le Pen, cela ramènera vers lui les électeurs frontistes et plus largement ceux de la "France exaspérée".

La tactique n'est donc pas étrangère à ses "dérapages". Mais la part des convictions l'emporte par-dessus tout. Sa sortie sur la France qui n'a pas "commis de génocide" s'inscrit dans un raisonnement très construit pour fustiger les repentants et ceux qui dénoncent les méfaits de la colonisation. Dans sa ligne de mire, il y a systématiquement la "pensée soixante-huitarde" coupable à ses yeux d'avoir supprimé tous les repères moraux. Au nom du "pas de tabous", Sarkozy veut tout dire. Mais lui qui prétend depuis trois mois s'adresser à tous les Français, s'enferme en cette fin de campagne comme le représentant d'une droite qui s'assume. A l'inverse de celle qui a dû si souvent renoncer à exprimer... et à appliquer ses idées lorsqu'elle était au pouvoir.

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