samedi 7 avril 2007

Chirac nous aime et cela change tout

amourChirac ne se représente pas. Et nous quitte là en nous adressant une vraie déclaration d'amour dont personne ne soupçonnait l'intensité. Malpropres que nous sommes, nous allions l'éconduire. Il avait un cœur et nous avions nos raisons, comme nous incite à le croire ce superbe billet d'humeur signé Alexis Chabot, paru dans L'Université Syndicaliste Mag.

"On s'imagine que les politiques, monstres froids, assoiffés de pouvoir, mégalomanes, loin du monde, loin des réalités, méprisant les vraies gens dont ils ont oublié jusqu'au visage et jusqu'à la voix, manquent de cœur.

C'est faux.

Le premier d'entre eux, l'inamovible, le conquérant incessant, l'affamé perpétuel, la promesse faite homme, le président devenu sa propre marionnette, nous aimait et nous ne le savions pas.

Ingrats, les chômeurs. Ingrats, les jeunes à l'avenir incertain, ingrats les vieux aux retraites minuscules, ingrats les précaires, ingrats les mal-logés, ingrats les fonctionnaires, ingrats les juges, ingrats les mécontents éternels, les professionnels de l'insatisfaction.

Car l'essentiel est ailleurs. Nous savons maintenant que la politique n'est ni affaire de salaires, ni affaire d'emploi, de logement ou de formation, nous savons maintenant que la politique ne se juge pas à l'aune des résultats, des engagements tenus, des solutions apportées.

Mais non : il nous aime et cela change tout, le reste n'est que mauvaise littérature.

Certains auront peut-être aperçu, qui hantait la déclaration surréaliste de notre amoureux transi, le fantôme de Jacques Lacan expliquant, pince sans rire : "L'amour, c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas."

Posté par CASTRONOVO à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]