mercredi 21 mars 2007

Des brèves en chiffres

ISF, mon amour

394.518 : c'est le nombre de Français qui ont payé l'impôt sur la fortune en 2005.

Salaire, ma douleur

40% : c’est la proportion de Français qui voient chaque année leur salaire individuel baisser, selon le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale.

Un signe ?

L'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1 a fait les scores suivants : Ségolène Royal 8,9 millions, Nicolas Sarkozy 8,2 millions, François Bayrou 6,7 millions.

Trou de mémoire

24 mois : c'est le temps nécessaire aux citoyens pour oublier le contenu des promesses électorales, selon le sociologue Yves Michaud.

Blogophiles

Quelque 10% des internautes visitent des blogs politiques, soit de 2 à 3 millions de lecteurs réguliers ou occasionnels.

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Aïe, je n'aimerais pas être à leur place

liberation

Dans la chronique Rebonds de Libération du 20 mars, Pierre Marcelle a écrit un article au fer rouge pour dire ce qu'il faut dire. Pour vous en faire savourer la pulpe, j'en ai extrait deux passages particulièrement frappeurs comme je les aime. A déguster lentement, jusqu'au bout…

Raymond, Simone, François…

Flottent dans cette campagne des remugles troublants, queues d'objets potentiels ayant tout pour devenir affaires, mais à propos desquels il semble acquis qu'on ne s'attardera pas. Ainsi des non-dits immobiliers du candidat d'à peu près toutes les droites. Le Canard enchaîné a posé, à propos de Nicolas Sarkozy et de certain promoteur de l'île de la Jatte, des questions auxquelles il ne fut pas répondu ; furent publiés des documents, précis, que nul porte-parole ne réfuta, ni a fortiori le principal intéressé (si j'ose dire). Le Canard, depuis, nasille dans un désert.

Ces questions de gros sous, comme disent ceux qui n'ont pas besoin de les compter, seraient donc d'une vulgarité telle qu'elles ne souffriraient pas qu'on s'y salisse la langue ; celle des candidats, bien sûr, celle des journalistes, dit-on, mais celle aussi ­ hélas, eh oui... ­ des "vraies gens", purs, vertueux et très soucieux d'éthique, mais dont on ne sache pas qu'ils aient jamais trop mégoté leurs suffrages à leurs élus enrichis, et même personnellement enrichis, par des trafics divers (Patrick Balkany, par exemple, bien élu et réélu après sa condamnation pour prise illégale d'intérêts. De ce que l'aujourd'hui encore député maire de Levallois-Perret réclame au Trésor public la remise gracieuse de ses dettes, qui s'émeut ?).

Et puis, y a l'autre... L'autre relent... Je parle de Raymond Barre, et du procès en antisémitisme que lui fit dans Claude Lanzmann (Libération du 6 mars). Et certainement fallait-il que s'y collât le réalisateur de Shoah pour réveiller (Oh, à peine...) quelques souvenirs, sinon une mémoire.

Le temps s'y prête, pourtant. Papon vient de casser sa pipe et Chirac de faire des adieux dans un bilan dont ne restera pour l'histoire (pour les manuels, surtout) que son discours à propos de Vichy, capitale de l'Etat pétainiste français ; et Lucie Aubrac disparaît, mais il faut à Simone Veil une semaine pour prendre ses distances d'avec le Commissariat aux... pardon, le ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration de Nicolas Sarkozy.

Mais d'où vient que les sorties de Barre ne suscitent que la réprobation trop polie d'une inconscience ou d'un inconscient ? Serait-ce dû à l'indulgence qu'on accorde aux vieillards, à la prescription octroyée aux retraités des lambris, ou à la simple charité chrétienne ? Cette dernière, plutôt...

Dans l'antisémitisme que chantonne Raymond Barre, Jésus revient parmi les siens et l'absout. Car il en va de l'antisémitisme comme du cholestérol : il y a le bon et le mauvais. Le mauvais, c'est le nouveau : celui des "gauchistes extrémistes", qu'il veut pourfendre, qui ne confondent pas l'Etat d'Israël avec la judéité. Pour l'ancien, dont le très catholique Bernanos disait que Hitler le "déshonorait", l'époque est moins regardante. Raymond Barre monte ce cheval de retour avec des gants de pécari. Moins "séducteur" que chez Morand, certes, mais de beaux restes, tout de même, et de tradition bien assise.

Quant à Bayrou, s'il n'est partout, on a cru apercevoir son essence apostolique juchée sur un tracteur, labourant la glèbe œcuménique, brisant les mottes de droite et les mottes de gauche pour tracer l'éternel sillon d'une union nationale, sinon d'une révolution.

Allègre et Besson, les voyageurs sans ambages

Et si ces déclarations synchrones de Claude Allègre et d'Eric Besson étaient surtout affaires d'hormones et de vanité blessée ? Allègre, donc, décrète qu'il ne votera pas Royal. Votera-t-il seulement ? N'en dira pas plus. Bougonne de confuses "convictions personnelles de scientifique" et nous dit de nous démerder. Bien... On fera sans lui.

Allègre, on connaissait, Besson, on découvre. L'ex-chargé de l'économie au PS nous fit le mois dernier une sortie nerveuse et bruyante que de zigzagantes accointances avec Sarkozy ne contribuèrent pas à rendre pédagogique. Aujourd'hui, il imprime sa bile dans un livre d'entretiens. Besson non plus ne votera pas Royal, au premier ni au second tour. "Sauf, évidemment (sic), si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen." M. Besson est bien bon.

En attendant, il fait tout pour qu'elle n'y soit pas. En ce domaine, il amènera les mieux disposés à son endroit (je n'en suis pas) à se demander d'où il parle, et pourquoi si tard. Son libelle dépeint Ségolène Royal en intrigante harpie, cuisinière de "quelque chose de poisseux et consensuel", saturnienne Mère Ubu "que sa propre gloire motive", qui "use et abuse de démagogie", "instrumentalise le féminisme" et "construit un pouvoir personnel". Rien moins !

Il parle "sans passion aucune" (sic), éructe de plus belle un réquisitoire effarant que sa seule parole prétend étayer. Et c'est si pesant et si vulgaire qu'on se prend soudain à se demander ce qu'il prit vendredi au Monde de reproduire, de ces crachats haineux, une page entière.

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Ben... euh... chépa encore...

content

Posté par CASTRONOVO à 00:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Sonder ou (se) tromper ?

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Des électeurs "mobiles" (7)

Il est également une tendance qui inquiète beaucoup les sondeurs et qui pourrait, si elle se poursuivait dans les prochaines années, achever de décrédibiliser les sondages politiques. Il s’agit de la volatilité de l’électorat et du nombre d’indécis qui atteignent des niveaux inquiétants.

En 2002, à deux semaines du premier tour, il y avait encore 40% d’indécis ou de personnes susceptibles de changer d’avis. Et on estime que plus de 20% des votants vont finalement se décider dans l’isoloir. A cela s’ajoutent le nombre important de candidats et la disparition plus ou moins avérée du clivage gauche droite qui permettait des reports prévisibles entre les deux tours.

Comment arriver dans ces conditions à donner de manière fiable des estimations, surtout lorsque l’élection se joue à 1 ou 0,5 points d’écart ? Même si l’on comprend bien cette difficulté, ni les hommes politiques, ni les journalistes, ni l’opinion publique ne pardonneront aux sondages de s’être trompés.

Car ces sondages sont devenus aujourd’hui les véritables oracles de notre société moderne et les sondeurs des sorciers capables par on ne sait quel pouvoir occulte, de prédire notre avenir. Cette sur-confiance et les déceptions qui découlent des erreurs répétées dans le champ politique risquent de provoquer la mise en question générale de la fiabilité des études et du travail quotidien des 350 instituts d’études hexagonaux.

C’est à se demander si les grands instituts, qui utilisent ces sondages politiques comme un outil de notoriété, ne feraient pas mieux de s’organiser pour en limiter l’utilisation et mieux communiquer sur leurs objectifs et leurs limites.

Posté par CASTRONOVO à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]