mercredi 14 février 2007

Sarkozy se prend les pieds dans la camisole

Maquiller un texte calamiteux sous couvert d'un projet de loi de "prévention de la délinquance", quand il ne s'agit que de mesures répressives totalement délirantes, faut déjà avoir un grain quelque part. Y inclure un volet psychiatrie avec des dispositions relatives aux hospitalisations d'office, faut au moins avoir deux grains. Enfin, faire celui qui écoute les craintes des professionnels et des familles qui n'ont cessé de critiquer cette aberration depuis plusieurs semaines et ont même fait grève pour obtenir le retrait de ce dispositif, faut être cynique ou… cinoque.

Sarkozy a donc fini par annoncer mardi à l'Assemblée nationale le retrait du très décrié volet santé mentale, ajoutant "Je crois que c'est sage" (véridique), alors qu'il défendait pour la deuxième fois son texte devant les députés sous le chahut de la gauche. Oser parler de sagesse, il ne nous l'avait pas encore faite celle-là. Aliénant, non ?

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De Robien ne mérite pas de doubler sa... casse

de_robien

De Robien ne manque pas de culot pour se ficher du monde. Ce mardi, à l'assemblée nationale, à un député UMP posant une question téléphonée sur les remplacements d'absences de courte durée des professeurs, il répond par une flatterie qu'une langue d'hypocrite professionnel ne renierait pas : "On le voit, lorsqu'on fait appel au sens du service public des enseignants, on n'est jamais déçu !" Le ministre a sûrement des choses à se faire pardonner.

La grosse grève du 8 février a dû tinter à ses oreilles. Dans la foulée, un peu partout en France, des mouvements sont en train de s'amplifier dans les établissements avec le soutien des parents. Car les coupes dans le budget de l'Education nationale vont signifier la suppression de 5516 postes d'enseignants et la disparition de 300 000 heures de cours.

Ce même mardi, de Robien en a remis une autre couche en officialisant un décret qui casse une partie du statut des enseignants. A partir de septembre, leurs horaires seront alourdis et peu importe si les effectifs sont pléthoriques. Ils devront, le cas échéant, enseigner dans deux matières alors qu'ils n'ont passé leur concours que pour une. Ils pourront aussi, mais cela existe déjà et va donc s'aggraver, être nommés sur deux ou trois établissements de la même commune ou d'une autre commune.

Ultime perfidie qui annonce bien d'autres catastrophes, le décret va jusqu'à substituer le terme d'"enseignant" à celui de "professeur". Cela n'a rien d'anodin. En effet, depuis cinq ans, de plus en plus de contractuels, issus de secteurs divers, sont recrutés dans les établissements scolaires pour des périodes allant de six à neuf mois, mais pas pour une année entière. Le but de la manœuvre est prémédité. Le non renouvellement de leur contrat vise bien sûr à limiter leurs droits à indemnisation. On les autorise donc à "enseigner" sans avoir le titre de professeur.

S'il ne s'agit pas là de rabaisser les exigences du métier et d'avoir en tête la précarisation des personnels, on ne voit pas très bien ce que cela peut être d'autre. Le tout, pour les titulaires et les auxiliaires actuels, avec une perte du pouvoir d'achat de 6% depuis 2000 et la disparition de 500 euros annuels de leur fiche de salaire. On comprend bien alors la phrase citée plus haut.

Lors de sa nomination, le même ministre déclarait ne rien connaître à l'Education nationale mais qu'il allait essayer d'apprendre. Peine perdue. Non seulement il n'a rien appris mais il s'est aussi permis de se comporter comme un petit saccageur. Il ne lui reste plus qu'à quitter le ministère sans avoir réussi son examen. J'espère qu'en mai les Français ne l'autoriseront pas à doubler sa casse.

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