dimanche 11 février 2007

Les difficultés scolaires sont d'abord sociales

tableauA intervalles réguliers, des études ou des rapports font le point sur les niveaux obtenus par les enfants dans divers domaines. Une récente évaluation de plusieurs milliers d'élèves de sixième portant sur 57 exercices en français et 101 en maths conclut que 10% d'entre eux sont "en grande difficulté scolaire". Cette appréciation est formulée à partir d'une analyse publiée par l'Education nationale via les rectorats.

Mais cette méthode standardisée ne fait pas l'unanimité, notamment parce qu'il s'agit d'une étude à un instant donné sur des questions précises. Même si sa portée doit être nuancée, quels enseignements, c'est la cas de le dire, peut-on malgré tout en tirer ?

En dehors des variations constatées, petits progrès par-ci, légers reculs par-là, différences entre académies, il en ressort surtout une vérité criante qui ne devrait jamais cesser de préoccuper les esprits. Les résultats montrent très nettement qu'une large majorité des enfants en difficulté scolaire proviennent de milieux défavorisés. Autrement dit, l'appartenance sociale joue un rôle prépondérant dans les retards ou les échecs. Le diagnostic est on ne peut plus clair et confirme toutes les observations faites précédemment.

Va-t-on classer cet énième constat ou va-t-on en tenir compte ? Le pire est malheureusement à craindre. Le gouvernement vient d'opérer de nouvelles coupes budgétaires et veut mettre en œuvre des mesures qui précarisent les conditions d'enseignement. Cela va donc dans le mauvais sens. A la rentrée 2007, les classes seront plus encombrées, les enseignants moins nombreux et les moyens pour les secteurs en difficulté en forte diminution.

A-t-on vraiment besoin de refaire un nouveau rapport dans cinq ans ?

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]