jeudi 8 février 2007

La chute de Joissains : manège, ski ou parachute ?

"Qui veut la chute de Maryse Joissains ?"

Je dois avouer que ce titre interrogatif et plutôt énigmatique en une de La Provence a immédiatement attisé ma curiosité et, je ne crains pas de le dire, a aussi suscité en moi une vive inquiétude. Que s'était-il passé ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?

Faisait-elle du manège pour parfaire sa technique du tourner en rond ? Faisait-elle du ski sur une piste surdimensionnée pour elle ? Etait-elle à nouveau victime de l'entorse des débutants en parachute ? Un inconnu avait-il tenté de la pousser et réussi à prendre la fuite ? Allait-il recommencer son coup ? Avait-on lancé une enquête dans l'entourage du maire pour démasquer un énième traître ? Un comploteur peu téméraire jusqu'à ce jour avait-il décidé de mettre à exécution ses intentions séparatistes ?

Pris d'effroi par de tels machiavélismes, avide d'en savoir plus, j'ai empoigné mon journal, à même la rue, au risque de trébucher. Bien m'en a pris de plaquer fermement les pieds à terre. La lecture studieuse de l'article m'a pleinement rassuré. Il n'y était question ni de rotations de girouette, ni de slalom pour champions, ni de hauteur stratosphérique, et encore moins de scoop alarmiste. Aucun tiers n'était responsable de ce fait divers à forte charge dramatique.

La chute de Maryse Joissains était une figure libre, consentie et même organisée méthodiquement par elle-même depuis six ans. La vacuité sans pareil de son programme politique n'a pas arrangé les choses. Quant à son siège de plus en plus vacillant, il n'a pas été de reste pour que le moindre déséquilibre au sol prenne des allures de vertige des grandes altitudes.

Nombre d'élus de son équipe n'ont rien fait pour stabiliser l'assise. Ils ont même multiplié les secousses et les remous de ce jeu de massacre quasi délirant. Cela n'était-il pas écrit depuis la constitution de cette coalition hétéroclite ? Héritière naturelle de ses propres mauvaises manières, elle n'avait ravalé un moment ses divisions que pour mieux les recracher bien mâchées.

Pour qui a la mémoire de ces trente dernières années, la droite n'a jamais vraiment fait preuve d'union ou de fraternité. Bien au contraire, les coups tordus entre clans se sont toujours portés au cou, assénés dans le dos de préférence. Tout juste peut-on constater que, dans ce camp, les mœurs ont un peu évolué. Désormais, les coups bas se fomentent dans les coulisses et les couloirs des arrière-boutiques.

Mais des coups restent des coups. Et ceux qui les envoient n'ont rien à envier à ceux qui les reçoivent. Ils se ressemblent, ils s'assemblent mais ne peuvent pas vivre ensemble. Autrement dit, rien de bien nouveau puisque les dégâts sont les mêmes.

Ignorée par Jean-Claude Gaudin, lâchée par ses adjoints et de moins en moins soutenue par les élus communautaires, Maryse Joissains n'a finalement à s'en prendre qu'à elle-même. N'a-t-elle pas tout fait, vraiment tout fait, pour se créer des ennemis à l'intérieur et, pire, au sein de la population qui le lui enverra sans doute dire dès 2007 avec piqûre de non rappel en 2008.

Et si, dans quelques temps, l'on devait titrer encore une fois "Qui a voulu la chute de Maryse Joissains ?", l'explication serait encore la même. Sauf que l'on n'aurait plus qu'à compter les éclats, là, par terre, partout.

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]