jeudi 25 janvier 2007

Certains oiseaux vont devoir replier leur zèle

chiffonniers

A vrai dire, depuis lundi, je me sentais un peu chiffonné. J'avais pressenti ce qui allait se passer. Dans un billet, j'avais parlé de ceux qui se jettent "comme des vautours sur la misère." Et, surprise, ce mercredi, deux journaux s'y sont mis aussi. Et comme il faut !

D'abord, bien sûr, Le Canard enchaîné qui n'en rate pas une. Des moments de vérité comme celui-là, cela ne se boude pas. Il faut sans doute comprendre que les personnages caricaturés ici sont pris comme des symboles pour tous ceux qui ont eu tendance à se comporter de la sorte. L'article qui suit le dessin remet d'ailleurs à l'heure pas mal d'horloges déréglées avec le temps et le froid. Il y en a un peu pour tout le monde mais surtout pour ceux qui auraient eu la mémoire courte et l'hypocrisie durable.

Et puis, dans La Provence, un piquant édito intitulé "Récup" d'Hervé Vaudoit qui a fait barrage à "un torrent de réactions attristées parmi les élus du Pays d'Aix" en ne publiant pas leurs communiqués très émus. En quelques mots, il rappelle aux uns et aux autres qu'il ne faut quand même pas pousser quand on n'a pas construit assez de logements sociaux, qu'on a refusé les aires d'accueil pour les gens du voyage ou qu'on a fait appel aux juges pour expulser les SDF.

C'est bien fait, c'est bien envoyé, ce n'est que mérité. Je connais quelques oiseaux qui vont devoir replier leur zèle. Alors, restons lucides et guettons le ciel un peu moins encombré depuis hier.

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BILAN 4 : le document pas vraiment social de la mairie

Bilan_socialLe grand public ne s'en doute guère mais l'analyse d'un tel document permet de comprendre la façon dont une équipe municipale gère un budget. Après trois reports, le bilan social 2005 accompagné d'une synthèse sur cinq ans du fonctionnement du personnel municipal a enfin pu être discuté au conseil municipal.

Il s'agit certes d'un rapport technique mais aussi à caractère politique et, à tout le moins, faisant l'objet d'une politique. C'est un sujet sensible car il concerne des personnes. Mais je suis resté dans le domaine des résultats et des choix faits par la mairie.

En fait, le débat a été introduit par le directeur des ressources humaines au nom du maire, déléguée au personnel. Il en a mieux valu ainsi, le maire étant loin de connaître tous les détails de la situation, c'est peu de le dire.

Deux mises au point concernant les agents précaires ont été nécessaires pour lever l'amalgame habituel qu'elle entretient mensongèrement sur les chiffres. Depuis le début du mandat, le maire prétend qu'elle a trouvé 500 agents en emplois aidés. Les documents disent clairement qu'il s'agit de 409 personnes en 2000. Avec les recrutements de l'actuelle équipe (d'ailleurs avec des contrats encore plus précaires), le total est monté à 428 en 2001. Ensuite, au sujet de l'intégration progressive au sein du personnel, ce n'est pas un exploit, nous l'aurions fait nous-mêmes si nous avions été majoritaires.

Sur les autres aspects, parmi les points à retenir, à périmètre constant, en incluant tous les personnels transférés à la CPA (Services incendie, collecte ordures ménagères, piscines, musées), en 2005, les chiffres des effectifs sont quasiment identiques à ceux de 2000. Cela veut dire qu'il n'y a pas eu baisse de la pression sur le fonctionnement. En effet, l'écart entre 2000 et 2005 pour les effectifs de la Ville stricto sensu (tous statuts) est de - 310 (2479 à 2169) alors que les transferts cumulés à la CPA sont de 425.

A ce propos, pour que l'analyse globale soit réellement pertinente, un autre débat aurait mérité de s'instaurer sur le coût des transferts et sur les recrutements opérés par la CPA qui induisent des dépenses supérieures aux transferts (1 transfert équivaut à payer 1,5 emploi). Ce sont là des observations de la Cour des comptes.

Pour ce qui est de l'évolution de la masse salariale, deux pourcentages sont à comparer. En 2000, les dépenses en personnel représentaient 50,36% du budget. En 2005, elles sont de 54,22% et seront de 54,72% en 2007. Il y a donc dégradation.

Pour les heures supplémentaires, si leur réduction est un point positif, on constate des disparités par services.

Au sujet de la formation des personnels, pour 2005, le nombre de journées, en baisse par rapport à 2004, est de 7806 (pour un coût de 754 654,82€). 27% du volume ont été assurées par des organismes extérieurs soit 40% de la dépense. J'ai insisté sur l'effort important à faire pour les catégories C dont les besoins sont plus grands.

J'ai également interrogé le maire sur les déperditions observées dans les journées réellement suivies par rapport aux demandes validées. Environ 35% des formations n'ont pas lieu sans que jamais la question n'ait été posée ! Il y a manifestement mauvaise appréciation des quantités et mauvaise adéquation avec le budget nécessaire. En fait, cela veut dire qu'il y a sûrement de l'argent non utilisé. J'ai aussi souhaité que le conseil municipal puisse disposer de la liste des actions menées et des organismes extérieurs et privés qui assurent des formations.

Enfin, les nouvelles méthodes d'évaluation et de notation ne font pas l'unanimité des personnels, certains trouvant le système inéquitable et trop subjectif et partial.

Pour les accidents de travail, la moyenne aixoise est supérieure à la moyenne nationale. Un effort important sera à faire pour y remédier.

En conclusion, j'ai rappelé que j'ai contesté le nouveau régime indemnitaire institué en 2004 notamment à propos du principe du traitement d'égalité des agents et sur des critères objectifs et qu'il est toujours au Tribunal administratif.

J'ai regretté que le bilan ne présente pas de perspectives sur 5 ans au moins. Cela aurait eu entre autres pour avantage de programmer des dépenses, de répondre à l'évolution des métiers, à la mobilité interne, à l'accès à la promotion sociale, d'assurer la qualification du plus grand nombre et d'obtenir plus de performance et donc de services rendus au public.

Malgré ce débat, le maire persiste à se déclarer satisfaite de son bilan ! Ce n'est pas l'avis de beaucoup de personnels...

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