mardi 16 janvier 2007

On touche le fond, la fin n'est pas loin

En direct de l'Hôtel de ville comme si vous y étiez

Hotel_VilleDommage qu'il n'y ait pas de caméras ! Cela vaudrait son pesant d'art ! Le maire était là mais elle est partie après le premier dossier. Ce qui a fait commettre un lapsus à son premier adjoint : "Elle doit prendre l'avion. Elle va sur Mars…, euh, pardon, sur Paris." Vive hilarité dans la salle. En un tour d'hélice, il n'y avait plus de pilote au conseil municipal.

Mais elle n'a pas été la seule à s'envoler. A certains moments, le quorum de 28 sur 55 élus frisait la minorité. L'opposition se retirant – mais nous ne jouons pas à ce jeu-là – le conseil aurait cessé. Etant présent à toutes le séances du début à la fin, je me demande bien pourquoi certains font le conseil buissonnier. Qu'ont-ils à faire de plus que moi qui ne manque pas d'occupations en tous genres ? A cause de quelques-uns, cela donne une image détestable et généralisée des politiques.

La séance conduite par le premier adjoint n'a rien à envier au modèle de son maire préférée. Ne connaissant pas mieux les affaires qu'elle, il s'énerve, hurle dans le micro et, lorsqu'il se sent dépassé, veut couper la parole. Par peur sans doute de celle qu'il remplace momentanément – les choses se mouchardent beaucoup au sein de cette mairie – il n'accepte aucun amendement. Sous un effet de trouille décuplée engendrée par des prises de positions contradictoires entre élus sur le sujet, il décide de reporter la délibération sur les antennes relais alors que c'est précisément le dossier qui nécessite la plus grande urgence.

Le brouhaha, les confusions et les éclats de gorge enlèvent toute sérénité aux discussions. Pour en rajouter un peu, le chœur des conseillers figurants, habituellement muets, entonne des réactions de protestation censées couvrir notre voix quand nous disons une vérité dérangeante qui leur déplaît.

A cette soirée de plus de quatre heures, nous avons eu la visite parfois sonore dans le public de quelques sans-abri de la Rotonde. Ils venaient d'être envoyés au tribunal par le maire qui réclame leur expulsion. Leur présence a rappelé qu'on ne peut plus cacher la misère. La crise sociale et humaine dont certains croyaient pouvoir s'accommoder en la niant nous revient en plein dans la gueule.

Sur les 33 rapports de l'ordre du jour, cinq gros sujets ont provoqué des commentaires de notre part. Pour le budget primitif, de nombreux élus ont pris la parole. Sauf Genzana. Pourtant, à Aix, ville où tout le monde est toujours candidat à quelque chose, d'habitude, en bon adepte de la flatterie flagorneuse, il ne manque jamais d'user d'un lyrisme mielleux et dégoulinant pour remercier ou féliciter les uns et les autres quand ce n'est pas lui-même. Là, il a fait la carpe, tout comme son clan de lapins séparatistes. Avec lui, on a l'image mais pas toujours le son.

Dans cette ambiance de fort tumulte, je l'ai interpellé sur son silence : "Nous aimerions bien l'entendre sur un sujet aussi important que le budget. Qu'il nous parle de son équipe et de son projet, qu'il descende de ses affiches et qu'il soit plus téméraire que sur son portrait figé sur les murs. Qu'il nous fasse rêver sur ce qu'il veut pour Aix et qu'il n'a pas su faire depuis six ans. Est-il d'accord avec ce budget ou va-t-il voter contre en toute logique ?" Prenant son courage à deux mains, Genzana a avalé sa langue dans un mutisme qui lève tous les doutes sur son hypocrisie permanente et sa trahison à peine voilée.

Vu l'atmosphère délétère qui règne à chaque conseil, on se demande bien comment tout cela va s'achever. En tout cas, la fin n'est pas loin.

Posté par CASTRONOVO à 20:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]