samedi 25 novembre 2006

Bon sens

PanneauPour ce week-end, prenons-nous la tête avec cette pointe d'ironie signée Charles-Ferdinand Ramuz, écrivain suisse.

Il ne suffit pas de fuir. Il faut fuir dans le… bon sens.

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BILAN 2 : La démocratie en panne

voteOù en est la démocratie locale en général à Aix ? Tous les Aixois se rappellent les belles promesses qui fondaient le discours d'investiture de Mme Joissains dans sa fonction. "Qui fondaient" est bien l'expression qui convient : elles ont fondu ! Car, dès 2001, le maire n'en a fait qu'à sa tête. Envolés donc les engagements pris pourtant solennellement aussi devant le premier conseil municipal.

Il faudrait plus que ce simple espace pour en énumérer la longue liste. Quelques faits marquants sur les pratiques en cours auront cependant vite fait d'en brosser le tableau.

Examinons d'abord le fonctionnement en mairie. L'annonce faite au tout début d'une volonté "de la mainte tendue à l'opposition" n'a pas tenu longtemps. Le bras est resté bloqué et la main ne s'est pas déployée. Certes, nous n'y avions pas vraiment cru. Cependant, la majorité n'ayant été acquise qu'à quelques voix près, la chose aurait pu se concevoir. Mais voilà, nul n'aurait eu l'idée incongrue de penser que le reniement arriverait si précocement pour atteindre une telle ampleur.

Pas d'un bon œil

Dans les instances officielles internes, par exemple, s'il est vrai qu'elles ont été désignées à la proportionnelle comme le veut la loi, certaines ne se réunissent pas régulièrement, d'autres quasiment jamais. Contrairement à la Commission des finances qui a lieu à la veille de chaque conseil municipal, celle de l'urbanisme joue les fantômes et parfois les revenants. Pourtant les dossiers que l'on y traite ne sont pas sans conséquences pour la ville.

Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, lui, à l'opposé des réunions annuelles prévues par les statuts, ne s'est tenu qu'une fois en cinq ans en séance plénière. Il n'est convoqué qu'en bureau sans la présence des quatre élus de l'opposition. Quand on voit les faits graves et répétitifs qui touchent la ville depuis de longs mois, la participation de tous à la recherche de solutions ne serait sans doute pas négligeable.

Le Comité de suivi du plan de formation du personnel municipal n'a connu que deux réunions les deux premières années, puis plus rien jusqu'à ce que, suite à mes nombreuses demandes, il puisse renaître en septembre dernier. Le personnel municipal est en somme le domaine réservé du maire qui ne voit pas d'un bon œil que l'on s'y intéresse.

A ce titre, nous avions fait inscrire à l'ordre du jour la mise en place d'un "mission d'information et d'évaluation" sur les fonctionnements de tous les personnels y compris dans les structures dépendant de la ville. Le maire a repoussé cette requête estimant que les élus en savaient déjà assez ! La loi et le règlement intérieur du conseil municipal précisent pourtant bien que les élus ont droit à une information complète pour pouvoir décider en toute connaissance de cause.

Par ailleurs, des rapports présentés en conseil municipal n'ayant pas fait l'objet d'une concertation préalable avec l'opposition, j'ai jugé nécessaire de saisir plusieurs fois le Tribunal Administratif pour qu'il se prononce sur des délibérations instaurant un régime indemnitaire que j'estime inéquitable pour les agents municipaux.

Quelle image ?

Parlons maintenant de certaines initiatives prises par le maire. Les exemples ne manquent pas. Un syndicat n'ayant pas l'heur de lui plaire a été attaqué en justice. Le conflit des intermittents du spectacle avait pourtant mis au jour des situations de précarité d'une extrême gravité. Un magazine national ne s'étant pas prosterné devant les "miracles" qu'aurait accomplis la municipalité, en donnant la parole à tous les acteurs de la vie politique aixoise, est présenté comme l'empêcheur d'entonner sa propagande en rond. Le maire en fait une affaire personnelle et demande au conseil municipal de l'autoriser à porter plainte, bizarrement, au nom de la ville et de son image. Mais l'image de la ville s'est-elle embellie depuis cinq ans ?

A faire pleurer les pierres

Et puis, mais non moins grave, le rapport aux habitants eux-mêmes. Certains élus refusent des rendez-vous. Ou ne répondent pas à tous leurs courriers. Ou sont absents à certaines réunions pour lesquelles un quorum est nécessaire et qui doivent être convoquées à nouveau. N'est-ce pas là une conduite irresponsable, voire arrogante ?

Ce ne sont pas non plus quelques visites de quartier ou réunions provoquées dans l'urgence suite à des conflits divers qui pourront donner de manière organisée et apaisée la parole à nos concitoyens. Quant aux nombreux comités de quartiers de la ville, l'information qu'il faudrait leur accorder en amont sur certains projets les concernant est souvent rare. Les mettre ainsi devant le fait accompli, n'est-ce pas une forme de mépris ?

Mais le manquement patent qui illustre peut-être le mieux l'absence de concertation avec la population est le refus d'instituer les Conseils de proximité voulus par la loi sur la démocratie de 2002. Un simulacre de création a eu lieu en conseil municipal il y a trois ans pour… un seul quartier. Cela devait être expérimental. On attend toujours le "livre blanc" annoncé sur cette grande première. Nous craignons fort que le livre ne soit devenu gris, ou noir, en prenant la poussière.

Enfin, nous passerons sur les multiples dérapages verbaux du maire, qui est aussi députée à l'encontre de certaines autorités de l'Etat. Vous avez dit image, là aussi ?

Quant aux usages marquant officiellement la Fête du 14-Juillet, ils ont disparu depuis deux ans. Après cela, essayez donc d'encourager les citoyens à appliquer les règles et les devoirs liés à l'appartenance et au respect de la République…

Alors, parler de démocratie, à en faire pleurer les pierres, sans en pratiquer la bonne mise en œuvre, c'est un peu comme se moquer du monde. Moralité : certains n'en ont pas toujours.

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